Pendant des siècles, les cabanes pastorales, aussi appellées "tra", ont émaillé les contreforts des montagnes du Puy-de-Dôme. Aujourd'hui disparues, une équipe d'étudiants venus de toute l'Europe tente de les faire revivre au Mont-Dore.
C'est un patrimoine perdu qui va revire au Mont-Dore, dans le Puy-de-Dôme : les cabanes pastorales. Appellées "Tra" en pâtois, il s'agit des ancêtres des burons, des habitations rustiques à demi-creusées dans les contreforts des montagnes qui abritaient les bergers et les vachers du 13e jusqu'au 19e siècle.Sur les traces des "tras"
Après deux années de travail par des chercheurs de l'Université de Clermont-Ferrand, une équipe d'étudiants français et européens est à pied d'oeuvre pour reconsituter l'une de ces cabanes. Le chantier a commencé lundi 15 juin et doit durer près de deux semaines sur un site à 1400m d'altitude sur le plateau du Capucin, au-dessus de la ville du Mont-Dore.
La première étape, c'est de retirer des portions de gazon : "Le gazon d'une dizaine de centimètres qu'on a découpé va nous permettre de faire les fondations jusqu'au toit," explique Alexandre, étudiant ingénieur, "puis [on va faire] un toit avec des branches et on mettre du feuillage par-dessus. On est allé chercher quelques pierres aussi pour renforcer l'entrée." Aujourd'hui, aucun plan ni de véritable trace physique ne subsiste de ces constructions éphémères : l'un des objectifs du projet est donc de déterminer comment se faisait leur construction.
Si les cabanes pastorales ont complètement disparu, fût un temps où elles recouvraient les versants du Sancy : "Rien que sur la commune du Mont-Dore, on a recensé deux 2.300 cellules!" détaille Marc Benard, animateur à la Ville du Mont-Dore, "Il y en a beaucoup sur le col de la Croix Morand, en gros sur tous les plateaux d'estive, mais ça reste quand même très localisé sur le massif du Sancy et un peu sur les monts Dômes."
Ces constructions frugales, créées à partir de matériaux naturels sont une inspiration pour Lisa, étudiante en architecture en Ukraine : "J'adore ce type de technique et ce style parce que c'est écologique et je pense qu'on devrait revenir à ce genre d'habitation parce que c'est très beau, surtout dans les montagnes," développe-t-elle, "Le paysage ici est magnifique et chaque bâtiment doit garder le caractère de ces alentours. A l'avenir, j'aimerais bien travailler sur ce genre de construction!"
La première cabane pastorale ouvrira au public le mercredi 24 juin.